Qui était saint Denis ?

Si Saint Denis est le patron de l’église de notre village, c’est surtout un personnage important dans l’histoire parisienne puisqu’il amena le christianisme dans la capitale et que cette religion eût un rôle considérable sur la manière dont la ville s’est développée. Son histoire est très liée à celle de Montmartre.

Qui était Saint Denis ?

Il semblerait qu’on n’en sache trop rien; plusieurs théories s’affrontent et aucune ne semble très solide:

La première hypothèse fait de Saint Denis l’Aéropagite d’Athènes, disciple de saint Paul (celui de la Bible). Comme Saint Denis serait mort vers 250, il semble pour le moins improbable qu’il ait fréquenté quelqu’un qui vivait 2 siècles avant lui.

Saint Clément

Selon une autre hypothèse, il serait l’envoyé du pape saint Clément, évêque de Rome. Comme ce pape régna au 1er siècle, cette théorie ne tient pas plus que la précédente.

Enfin la dernière théorie annonce qu’il faisait partie d’un groupe de sept évêques envoyés par Rome au 3ème siècle pour évangéliser le pays. Il ne semble pas qu’il y ait de textes de l’époque qui étayent cette version bien qu’elle soit encore la plus crédible des trois.

L’histoire

Lorsque Denis arriva à Paris, il y eut de nombreuses conversions au christianisme au point que les prêtres des autres religions s’en inquiétèrent. Ils demandèrent donc l’intervention de l’empereur Domitien à Rome qui envoya des troupes à Paris. Denis et deux de ses compagnons (saint Rustique et saint Éleuthère) sont arrêtés avec de nombreux chrétiens et présentés au prévôt Sisinnius Fesceninus. Celui-ci leur demande de se soumettre à l’autorité de l’empereur mais les trois prêtres refusent. Les tortures n’y faisant rien, le prévôt ordonne finalement leur exécution au sommet de la butte Montmartre (à l’extérieur de la ville donc). En fait les légionnaires n’attendront pas d’arriver au sommet mais décapiteront Denis à mi-chemin de la pente. Les corps devaient ensuite être jetés dans la Seine mais une femme chrétienne s’en empara (vraisemblablement la Catulla dont il est fait mention dans la légende, voir ci-dessous) et les inhuma selon les rites chrétiens. Selon certains textes, il semblerait qu’un bon nombre de chrétiens fût massacré dans la ville et alentours au moment de l’exécution du saint.

La légende

Saint Denis

Les détails de l’histoire de Saint Denis apparaissent vers le 5ème siècle et sont souvent utilisés par la prêtrise parisienne au fil des siècles qui suivent. La version habituelle de la légende est celle qui figure dans la Vie des Saints de Jacques de Voragine (13ème siècle). La voici à quelques détails près: Denis, Éleuthère et Rustique sont arrêtés dans une carrière du faubourg Saint-Jacques. Ils sont incarcérés dans la prison de Glaucus (située au niveau de l’actuel marché aux fleurs sur l’île de la Cité). Ils sont ensuite torturés à la pointe amont (est) de l’île puis condamnés à être décapités devant le temple de Mercure (au sommet de la butte Montmartre). Les soldats renonçant à monter jusqu’au sommet exécutent leurs victimes à mi-chemin de la pente (au niveau de l’actuelle rue Yvonne-le-Tac, 18ème arrondissement). Une fois décapité, saint Denis se relève, ramasse sa tête et continue à grimper la butte guidé par un ange. Il fait une pause pour laver sa tête à une source puis poursuit sa route jusqu’à l’actuelle ville de Saint-Denis (6 km quand même) où il tombe finalement aux pieds de la veuve Catulla. Celle-ci le fait enterrer et du blé pousse immédiatement sur sa tombe. Sainte Geneviève y fera édifier une basilique au 5ème siècle. La basilique Saint-Denis (le bâtiment actuel date du 12ème siècle, mais a été agrandi aux 14ème et 15ème, mutilé pendant la Révolution et restauré par Viollet-le-Duc au 19ème) est toujours là et est ouverte à la visite. De nombreux rois de France y ont été inhumés (mais les corps ont été enlevés pendant la Révolution).

Même mort, saint Denis reste à l’origine de plusieurs miracles

Apparaissant sous la forme d’une colombe à Rieule, prêtre célébrant une messe en Arles, il inscrit son nom sur la poitrine de ce dernier en lettres de sang. Le prêtre se rend alors à Paris où il convertit le gouverneur Quintilien au christianisme.

Il apparaît dans un rêve du roi Dagobert et le défend contre des démons.

Il défend sa tombe contre un soldat pillard qui y était grimpé pour voler une colombe d’or suspendue au-dessus. Le soldat glisse, s’écrase les testicules sur la tombe puis tombe sur sa lance qui le transperce. Ce genre d’histoire est assez courant à l’époque et permettait de décourager les pilleurs d’églises.

 

La légende de Denis était également très populaire en Europe et notamment en Allemagne où des moines annoncèrent en 1049 qu’ils avaient retrouvé son tombeau (en Allemagne). Une source coulait de la tombe et son eau avait le réputation de guérir de la syphillis (le mal français comme l’appelaient les allemands).

A Paris, saint Denis était supposé intervenir pour les maux de tête et les morsures de chiens enragés.

 

Mis en ligne le 29 mars 2009