Le tournesol

Le tournesol au fil du temps

 

Le terme « tournesol » est apparu dans la langue française au XIIIe siècle. Il vient de l’italien tornasole ou de l’espagnol tornasol, qui signifie « qui se tourne vers le soleil », par allusion à la manière qu’a cette plante de pivoter sur sa tige pour suivre la course du soleil tout au ng du jour.

On lui donne parfois le nom de « soleil », ou encore d’« hélianthe », du latin helianthus, qui signifie « fleur-soleil ».

À l’origine, « tournesol » désignait un colorant bleu tiré du croton, puis une substance d’un bleu violet, tirée de certaines plantes, qui vire au rouge sous l’action des acides et au bleu sous celles des bases. D’où le terme « papier de tournesol » pour désigner un papier qui est imprégné de ces réactifs. Le nom ne sera donné à l’hélianthe qu’après la découverte des Amériques lorsque les conquérants en rapporteront des semences en Europe. 

Le centre d’origine du tournesol reste controversé. Pour certains, la plante vient du centre-est des États-Unis, pour d’autres de l’ouest de ce pays, tandis que des découvertes récentes semblent indiquer qu’elle serait originaire du Mexique. Quoi qu’il en soit, c’est définitivement une plante d’origine nord-américaine, qui aurait été domestiquée par les Amérindiens vers le IIIe ou le IIe millénaire avant notre ère.

À cette époque, la plante était d’une grande importance pour les communautés d’Amérique du Nord, puisqu’on ne connaissait pas encore le haricot, la courge et le maïs qui allaient composer plus tard le menu quotidien. Par sélection, les Amérindiens ont obtenu des plants ne possédant qu’une seule fleur, beaucoup plus grosse que celle des variétés sauvages, et mûrissant ses graines plus tardivement. Ils employaient ces dernières de nombreuses manières, notamment en les réduisant en poudre et en les ajoutant à divers plats. Ils avaient également trouvé une méthode pour exprimer l’huile qu’ils employaient dans le pain.

Après la découverte des Amériques, les Espagnols rapportent des semences dans leur pays. En peu de temps, on cultive le tournesol partout en Europe occidentale, essentiellement comme plante ornementale, mais également pour ses propriétés médicinales. Pierre Le Grand, tsar de Russie, qui a vécu de 1672 à 1725, rapporte des semences de Hollande. Résultat : la population russe adopte rapidement les graines comme collation.

Au début du XVIIIe siècle, on met au point un procédé permettant d’extraire l’huile des graines. Dès lors, sa culture se répandra dans toute l’Europe. Mais c’est en Russie que l’on consacrera le plus d’énergie à l’améliorer dans le but, tout particulièrement, d’obtenir une plus grande quantité d’huile. En effet, le pourcentage d’extraction de cette dernière passera de 28 % à 50 %. Au début du XIXe siècle, ce sont deux millions d’acres que les Russes lui consacrent. Grâce à un vaste programme de recherche, ils ont également amélioré sa productivité et sélectionné quelques variétés à grosse tête, dont la Mammouth qui, plus de 140 ans plus tard, est toujours sur le marché. Ces variétés seront introduites au Canada et aux États-Unis à la fin du XIXe siècle par des immigrants de l’Europe de l’Est, notamment les mennonites. La culture du tournesol prendra de l’expansion en raison de la demande croissante en huile. Aujourd’hui, on cultive le tournesol dans de nombreux pays tempérés du globe.

 

 

Mis en ligne le 2 avril 2009